La Doutre, l’autre Angers

La Doutre : plus de 15 siècles de présence chrétienne

Un livre très illustré vient de paraître, consacré à la Doutre. Il est signé de trois amis : Geneviève Teisseire Jeanneteau, Alain Chudeau et Yves Durand. Nous les avons rencontrés. Nous les interrogeons sur l’un des chapitres qu’ils développent dans l’ouvrage : la Doutre chrétienne.

La librairie Byblos, au Centre Saint-Jean, 36 rue Barra, accueille samedi 29 mai les trois auteurs du livre « La Doutre, l’Autre Angers. 2000 ans d’Histoire et d’histoires » : Geneviève Teisseire Jeanneteau, Yves Durand et Alain Chudeau.

La séance de dédicaces aura lieu ce samedi 29 mai,
de 10h 30 à midi et de 14h à 15h30.

La Doutre, l’autre Angers

- Vous consacrez tout un chapitre de votre livre La Doutre, l’autre Angers à ses racines chrétiennes. Pourquoi ?

  • Parce que l’histoire de la Doutre se trouve très étroitement liée à la foi chrétienne. L’historien angevin Guy Jarousseau note la présence d’un sanctuaire dédié à la Vierge, peut-être une petite basilique, dès le Ve siècle de notre ère. Ce petit sanctuaire est rapidement populaire. Au cours des siècles suivants, on y voit affluer de nombreux pèlerins. Or cette basilique est située à l’emplacement même de la crypte du Ronceray.

- Le titre du chapitre fait allusion à une histoire de repentance. De quoi s’ agit-il ?

  • Peu de temps après l’an Mil, en 1028, le comte d’Anjou Foulques Nerra et son épouse fondent l’abbaye Notre-Dame de la Charité qui, deviendra au XVIe siècle, l’abbaye du Ronceray. Cette fondation exprime le repentir de Foulques. Seigneur violent et volontiers cruel, le comte d’Anjou cherche à se racheter en effectuant trois ou quatre pèlerinages en Terre Sainte, pendant son existence. Et donc en fondant ce monastère de femmes. Nous sommes au XIe siècle.

- Et l’église de la Trinité, de quand date-t-elle et pourquoi l’édifier alors qu’il y a déjà l’église abbatiale ?

  • La présence des religieuses provoque une sorte d’engouement. On vient habiter autour. Peu à peu naît ce qu’on nomme alors le bourg Sainte-Marie . C’est l’ébauche de notre quartier de la Doutre. Voyant la population grandir, les sœurs souhaitent qu’une église paroissiale soit construite. Les deux premières, dont les voûtes sont en bois, vont brûler. Enfin, au XIIe siècle, est bâtie une nouvelle église dont la voûte, cette fois, est en pierre. C’est notre actuelle église de la Trinité. Celle-ci a subi les vicissitudes de l’histoire mais contrairement au Ronceray elle n’a jamais été détruite. La Trinité est l’une des plus anciennes et l’une des plus belles églises d’Angers. Elle méritait bien un chapitre dans notre livre.

- Existe-t-il d’autres traces de la présence chrétienne dans le quartier ?

  • Oui beaucoup ! La Doutre, nous l’évoquons dans le livre, abrita longtemps de nombreux ordres : les Augustins, les Dames de la Croix, les Carmes. Il reste le Calvaire, le Carmel, les Servantes des pauvres. D’autres Carmes se sont aussi implantés dans le quartier il y a quelques années. Enfin, la Doutre fut pendant plusieurs siècles le point de passage obligé des processions du Grand Sacre, l’une des plus belles cérémonies du royaume – affirmait-on à l’époque.

- Le livre évoque-t-il les autres vocations de la Doutre ?

  • Oui, notamment sa vocation dans le domaine des soins et du secours aux pauvres. Une dimension qui reste une caractéristique de la Doutre en 2021. Plusieurs chapitres sont aussi consacrés à la Doutre active et industrielle, à la Doutre des arts et des artistes.

Et nous publions enfin une série de portraits. Nos lecteurs et les habitants de la paroisse y reconnaîtront une figure locale incontournable, Madeleine Cesbron. Beaucoup savent ce que la Trinité et Saint-Jacques lui doivent, notamment dans le domaine des visites guidées !

« La Doutre, l’autre Angers, 2000 ans d’Histoire et d’histoires », est vendu 20 euros. On le trouve dans plusieurs librairies et points de vente.

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